Révolution !
S’il y a bien un vêtement qui est attaché à l’idée de contestation c’est le t-shirt. Des rockers aux hippies en passant par les punks, le t-shirt sert de support de communication à tout ce que la planète compte comme insoumis depuis le milieu du 20e siècle.

Dés 1951 avec l’acteur Marlon Brando, c’est le basic blanc qui gagne son statut d’icône rebelle, James Dean et Jack Kerouac finiront d’en faire le symbole de la jeunesse éternelle.
Arrive les années 60, inspiré par les poètes de la beat génération, les étudiants occidentaux établissent les bases de la culture underground moderne et mettent à l’honneur l’incontournable modèle à slogans et le logo peace….
Les années 70 verront s’épanouir la provocation visuelle, les créations de Jamie Reid et Vivienne Westwood à Londres sont les plus spectaculaires, comme “l’antéchrist“ ou les cow-boys gay. C’est à cette époque que le visage de Che Guevara commence à envahir les vitrines de magasins avec le svastika porté par Sid Vicious et les premiers t-shirts anti-nucléaire.
En 1980 sort le livre FRIENDLY FASCISM, de Bertram Gross, réquisitoire sans concession contre le système de valeurs américain qui va encourager les mouvements pacifistes et végétaliens à passer à l’action. Ce qui inspirera la styliste anglaise Katharine Hamnett, qui lance une série de tee à slogans, EDUCATION NOT MISSILES, ou CHOOSE LIFE. De la grosse typo suisse (sans serif) extra large en noir ou couleur fluo sur fond blanc et une taille XXL, le look des années 80 est là.
Les années 90 confirment l’avènement du t-shirt en tant que médium privilégier des sauvageons qui recherche désormais des pièces vintage des années 60/70 et commencent à tourner le dos aux marques de sportswear.
En janvier 2000 sort le livre qui va cristalliser la pensée de l’époque, NO LOGO, de Naomi Klein, devenu un best-seller depuis, la bible de la génération X casse en deux les géants du textile. Le stylisme militant et le graphisme choc font maintenant partit du paysage et sont difficilement récupérables par les grands labels, donc ce sont les petites marques qui s’y collent avec enthousiasme.
Les sites dédiés aux “protest“ t-shirts qui parodient la société de consommation et dézinguent les politiques se multiplient sur Internet, la popularité grandissante des mouvements alter-mondialiste y est sans doute pour quelques choses. Mais un problème concret est en train de se poser à tous ceux qui veulent utiliser le t-shirt comme moyen de contestation politique, ou le faire fabriquer ?
Tout le monde est conscient de la contradiction grandissante qu’il y a à porter un vêtement affichant un slogan révolutionnaire alors qu’il a été fabriqué par des enfants déscolarisés et sous-payé dans un pays du tiers-monde. Actuellement l’esprit est à la fronde et de plus en plus d’artistes et de stylistes veulent que leur produit soit fabriqué en Europe et même en France. L’entreprise de textile locale qui semblait morte et enterré depuis longtemps n’a peut-être pas dit son dernier mot …


[...] Lui aussi fait des petits « focus on » sur des tee shirts qu’il apprécie. Et bien souvent il y a une petite histoire derrière qu’il ne manque pas de relater. Ce que j’apprécie aussi ce sont les dossiers consacrés… au tee shirts. Vêtement contestataire et objet de communication (tiens ça me parle encore plus), il traverse les âges, les générations et les continents : à lire, le dossier Révolution ! sur l’histoire du tee shirt. [...]
N°1 - 24/10/2011 à 16:41